Bien que l’application de plusieurs techniques soit prévue dans cette zone d’étude (comme on peut le voir sur la carte), pour l’instant, dans une première campagne de terrain, nous avons réalisé ce qui suit :
ARDIDEN
1.Profils géophysiques
Plusieurs profils géophysiques transversaux et longitudinaux ont été réalisés pour comprendre la structure interne du glacier rocheux ainsi que la profondeur, la caractérisation et la structure du pergélisol.
Cette méthode de prospection foncière (indirecte et non invasive) permet d’évaluer les caractéristiques d’un terrain à partir de la mesure de certaines propriétés physiques des matériaux qui composent le sous-sol.
POUR EN SAVOIR PLUS
Un sondage électrique vertical (SEV) est un test permettant de mesurer la résistivité électrique des corps trouvés dans le sous-sol. Cette résistivité sert à identifier la structure du sol gelé ou du pergélisol, ainsi que la présence d’eau, de lignes de fracture, de discontinuités (entre autres). Ces informations seront très utiles pour connaître la disposition du pergélisol et seront essentielles pour la mise en place ultérieure de forages profonds effectués dans la zone pour surveiller le pergélisol. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette méthode et son application, voici quelques liens vers des vidéos et articles avec du contenu sur le sujet :
- https://www.youtube.com/watch?v=3WK1YJotbfw
- Scapozza, C., Lambiel, C., Baron, L., Marescot, L. et Reynard, E. (2011). Structure interne et répartition du pergélisol dans deux talus périglaciaires alpins, Valais, Alpes suisses . Géomorphologie, 132(3-4), 208-221.
- Herring, T., Lewkowicz, AG, Hauck, C., Hilbich, C., Mollaret, C., Oldenborger, GA, … et Scandroglio, R. (2023). Meilleures pratiques d’utilisation de la tomographie par résistivité électrique pour étudier le pergélisol. Processus du pergélisol et du périglaciaire , 34(4), 494-512.
2.Échantillonnage pour la datation isotopique cosmogénique
Pour nous aider à comprendre l’évolution du glacier rocheux et du paysage de ce cirque glaciaire au cours des derniers milliers d’années jusqu’à aujourd’hui, nous utilisons la technique de datation des blocs et des reliefs à l’aide d’isotopes cosmogéniques, en l’occurrence la datation par l’isotope 10 Be.
POUR EN SAVOIR PLUS
Les nucléides cosmogéniques sont le produit de réactions nucléaires entre les rayons cosmiques et les éléments de l’atmosphère et de la lithosphère terrestre. Sa production est fonction de l’intensité du champ géomagnétique, des temps d’exposition des surfaces et des taux d’érosion. Les âges d’exposition des surfaces de roches et de sédiments/sols peuvent être déterminés sur des échelles temporelles allant d’environ 1 000 ans à plusieurs millions d’années (par exemple, moraines, failles, glissements de terrain, dépôts d’inondation). Si vous souhaitez en savoir plus sur cette méthode et son application, voici quelques liens vers des articles ayant du contenu sur le sujet :
- Gosse, JC et Phillips, FM (2001) Nucléides cosmogéniques terrestres in situ : théorie et application. Revues scientifiques du Quaternaire 20, 1475-560.
- Fabel, D. et Harbor, J. (1999) L’utilisation de radionucléides cosmogéniques produits in situ en glaciologie et géomorphologie glaciaire. Annales de glaciologie 28, 103-10.
- Fernandes, M., Oliva, M., Fernández-Fernández, JM, Vieira, G., Palacios, D., Garcia-Oteyza, J., Ventura, J., Schimmelpfennig, I. et (2024), Enregistrement géomorphologique de la transition glaciaire à périglaciaire du Bølling–Allerød à l’Holocène dans les Pyrénées centrales : le cirque de Lòcampo dans le contexte régional. Borée, 53 : 71-87.