En 2025, plusieurs actions ont été menées, tant dans le domaine de la communication, par la Fondation Kilian Jornet, qu’à un niveau plus technique et académique. Parmi les activités de ce second volet, se distinguent notamment celles liées au suivi du pergélisol, telles que la réalisation de quatre forages dirigés par différents groupes du projet dans les zones de Besiberri, Pessons, Pica d’Estats et Vignemale, ainsi que l’installation et la maintenance de nouveaux capteurs dans différents massifs, comme la Maladeta, le Mont-Perdu (IPA-CSIC), Besiberri (UB) et le cirque de Pessons (CEREMA).
Cette dynamique s’est poursuivie avec les travaux de suivi de plusieurs glaciers par télédétection, menés par l’équipe du CTTC, avec une attention particulière portée aux zones du clot de la Menera et de Besiberri. Parallèlement, d’autres axes de recherche ont progressé autour de la reconstitution des environnements du pergélisol passé. Ces travaux, développés par l’Université de Barcelone et centrés sur le cirque de Besiberri et le massif d’Ardiden, en collaboration et en coordination avec l’Université de Perpignan, commencent déjà à produire des résultats. Enfin, le CEREMA français a poursuivi la collecte d’échantillons de roche, en particulier dans la zone du clot de la Menera, afin d’approfondir l’étude des propriétés thermomécaniques de la roche.
Une table ronde sur le pergélisol, les risques et l’avenir en montagne.
La table ronde de Sort a réuni Marc Oliva (professeur de géographie à l’UB et chercheur ICREA Academia), Oriol Grau (coordinateur de la recherche au Parc naturel de l’Alt Pirineu) et Ferran Latorre (alpiniste et guide de montagne), afin d’analyser les résultats du projet et leurs implications pour la communauté locale.

Marc Oliva a expliqué que le pergélisol est l’un des principaux facteurs pour comprendre la dynamique des montagnes pyrénéennes. Les découvertes de PERMAPYRENEES montrent que ce sol gelé se répartit de manière plus complexe que prévu, sous le contrôle de l’altitude, de l’orientation des versants et des propriétés thermiques du terrain.
«En seulement 15 à 20 ans, les Pyrénées pourraient ne plus compter aucun glacier.»
«Le pergélisol stocke deux fois plus de CO₂ que ce qu’il y a actuellement dans l’atmosphère, ce qui en fait à nouveau un facteur d’étude clé.»
Ferran Latorre, depuis sa perspective d’alpiniste, a souligné l’impact des changements exponentiels observés au cours des dernières décennies :
«Ce qui m’inquiète le plus aujourd’hui lorsque je vais en haute montagne, c’est l’existence et l’état du pergélisol ; le risque et l’instabilité en montagne sont plus élevés.»
Il a ajouté que les reculs les plus spectaculaires qu’il ait jamais observés sont ceux des glaciers, ce qui modifiera le patrimoine naturel de nombreux sites.


Oriol Grau a souligné l’importance de produire des connaissances scientifiques sur la cryosphère pour les usagers de la montagne.
«Depuis le Parc, nous avons misé sur ces projets de recherche afin de pouvoir générer des connaissances pour tous les pratiquants»
a-t-il déclaré, en insistant sur le fait que l’action de communication de PERMAPYRENEES est essentielle pour la gestion du territoire et la réduction des risques pour les habitants et les visiteurs de la haute montagne pyrénéenne.
Amener la science à l’ensemble de la communauté de montagne.
PERMAPYRENEES intensifie ses actions de diffusion pour toucher les communautés et les acteurs du territoire :
- Davantage d’événements territoriaux. De nouvelles présentations seront organisées dans différentes localités des Pyrénées espagnoles, françaises et andorranes.
- Itinérance d’expositions photographiques. L’exposition présentée lors du VIIIe Congrès ibérique du pergélisol circulera en France et en Andorre, en passant par des centres culturels, des musées de la montagne et des refuges.
- Diffusion dans les écoles. Intégration du concept de pergélisol et du changement climatique dans les programmes scolaires, à partir de supports pédagogiques adaptés au primaire et au secondaire, dans les établissements des territoires où se développe le projet.
- Capsules audiovisuelles et film documentaire final. En 2026 sera diffusé le documentaire du projet, qui condenséra trois années de recherche à travers les images des forages, ses protagonistes, des témoignages scientifiques et des explications sur toutes les implications pour la sécurité de nos montagnes.




